ARTS VISUELS/ PLASTIQUES

MARTIN PAAR

Publié le jeudi 11 octobre 2012 16:26 - Mis à jour le jeudi 23 avril 2026 21:51

 MARTIN PAAR

Martin Parr, USA, Hollywood, Attendees at a charity function, série Luxury, 2000
Couleurs voyantes, motifs bizarres et narrations concises sont les caractéristiques de la photographie de Martin Parr (né à Bristol en 1952). Si plusieurs de ses images peuvent paraître excessives dans leur propos, elles sont toujours étonnamment inventives et pleines d’humour. Pendant plus de trente années, Martin Parr a réalisé un vaste travail documentaire sur la société occidentale, principalement en Grande-Bretagne, son pays d’origine. Mais il s’est aussi intéressé aux phénomènes de la mondialisation tels que le tourisme de masse, les comportements consuméristes ou le soi-disant temps libre. Son travail est aujourd’hui considéré comme une satire de la vie contemporaine démasquant le grotesque dans le banal.

 

 

Martin Parr - Japan. Miyazaki. The artificial beach inside the ocean dome. Série "Small World !", 1996 Pointer le ridicule de Mme et M. Tout-le-Monde Cette plage artificielle japonaise, à quelques kilomètres d’une vraie plage, illustre l’absurdité de l’existence humaine. Pour Martin Parr, le “touriste” est un individu privé de liberté dans sa façon de se vêtir, de voyager, de se faire plaisir. Il va à la découverte de ce qu’il connaît déjà. Les clichés de sa série “Small World !” >  photos stéréotypées des touristes

 

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Planète Parr. La collection de Martin Parr

30 juin – 27 septembre 2009
Marta Gili, directrice du Jeu de Paume :

Consommation, affiliation et identité : trois concepts sur lesquels Martin Parr
élabore une grande partie de son œuvre. Ses images, désormais célèbres, déclinent en effet quelques uns des paradoxes actuels de la mondialisation : rapports sociaux et comportement grégaire, décloisonnement des frontières entre espace public et espace privé, déplacements et tourisme de masse, redéfinition des sentiments
d'appartenance et des sentiments identitaires  ...
En bref, elles donnent la vision d'une société dans laquelle biens symboliques et biens matériels empruntent les mêmes voies rapides, se croisent, s'intercalent, et très souvent fonctionnent sur les mêmes modes.

 

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Né à Epsom en 1952, Martin Parr a grandi dans une famille de la classe moyenne de la grande banlieue de Londres. Ses parents étaient passionnés d ́ornithologie, et son père l ́emmenait observer les oiseaux chaque semaine. C ́est son grand-père, George Parr, membre de la Royal Photographic Society, qui l ́a initié à la pratique photographique.
Peu scolaire, le jeune garçon manifeste très tôt sa curiosité pour les activités artistiques.

Son premier reportage (scolaire), dans un hôpital psychiatrique, soulève quelques réticences de la part des professeur.es, mais Parr poursuivra néanmoins son travail de prélèvement photographique sur le mode de la chronique sociale. Pour son diplôme, en 1973, il construit un environnement réunissant des objets, des cartes postales et ses photographies ; le tout est accroché dans un décor de chambre à coucher cosy et agrémenté de parfum bon marché et de musique de variété. Le titre est ''Home Sweet Home''.

Au cours des années qui suivent,  il réalise des compositions complexes, sans indulgence à l ́égard des modèles, Martin Parr intègre le vocabulaire de l ́imagerie populaire et utilise jusqu ́à l ́excès les couleurs criardes, en dépit de l ́opposition traditionnelle des cultures high et low.. Parr se voit parfois reprocher d ́associer à sa démarche documentaire une esthétique de la séduction qui recourt à l ́exagération ou au grotesque. Il entend ainsi déjouer les pièges d ́un supposé « bon goût », attitude qui l ́a toujours conduit à s ́intéresser à la rencontre entre les images et les objets – «souvenirs » ou « dérivés » –, et à accumuler les éléments décoratifs ou les ustensiles illustrés de son temps. Il cherche à faire apparaître tant les caractéristiques culturelles des différents pays que leur nivellement et leur globalisation. Le spectateur peut ainsi associer certains signes de la mondialisation avec des expériences visuelles, lier l ́individuel au collectif et valoriser la singularité qui subsiste malgré tout dans les pratiques de chacun.
 
OEUVRES :

Les photographies :
Caractérisée par la dérision et l'ironie, l'œuvre de Martin Parr rejoint le domaine de la photographie documentaire, dont il propose une approche nouvelle. Son travail apparaît comme l'un des témoins privilégiés de la société britannique à l'époque de Margaret Thatcher. Joel Meyerovitz, William Eggleston et Stephen Shore ont une influence importante sur lui.  Il a travaillé sur de nombreux projets en réalisant des séries, par exemple sur le tourisme, où il montre le contraste entre l'attente et la réalité, ou encore une série sur lui-même, avec des prises sur plusieurs années, où il présente la même attitude. Il veut montrer les différentes techniques utilisées par les petites boutiques de photographie pour se faire tirer le portrait.  Martin Parr utilise un Plaubel Makina de moyen format, il s’équipe d’un objectif grand angle (55 mm) et d’un flash auquel il a recours même par temps lumineux. À partir de 1995, suite au changement d'appareil photo, ses clichés représentent des sujets en gros plan (série « Common Sense »).